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II. L’architecture populaire

 

            À propos de l’architecture populaire il est indispensable de mentionner ses éléments déterminants qui ont, en grande mesure, influencé, défini les components de l’habitation, la manière de bâtir, sa nature, sa qualité et ses éléments composants.

            Nous connaissons d’innomblables facteurs que l’homme simple où qu’il vive, à n’importe quel point de l’axe historique et à tout point de la terre, n’a pas oublié de respecter. Nous non plus, n’avons pas le droit de les perdre de vue. Ainsi c’est le climat, la direction des vents, l’humidité, les facteurs naturels- géographiques, ceux sociaux: la structure de la famille, les traditions et coutumes qui ont contribué à  déterminer le comment, le quand de la construction et toutes les questions possibles dont les réponses ont toujours déterminé les branches-les variantes de la construction populaire.

             La plupart des communes se situent au bord des eaux ou près des eaux. On a toujours favorisé les côtes des montagnes, les vallées, les pentes ensoleillées de Sud qui assurent des conditions favorables au développement de la culture des plantes, à l’élevage des animaux pour tenir tête aux provocations du développement ou simplement de la vie.

            Les villages des paysans à demeure stable se règlent d’abord sur l’agriculture. C’est au milieu que se situe la zone des maisons, puis celle des jardins, des potagers et à la marge s’étendent les champs cultivés.

            À l’intérieur du village on peut constater que les familles les plus aisées habitent le centre du village, autour de l’église; les plus pauvres, les « va-nu-pieds » à la périphérie, au bout du village (ce qui n’est plus valable aux constructions récentes). La forme ancienne du village est circulaire tandis que l’implantation en deux rangs des maisons qui longent les routes, est dûe au développement du réseau de celles-ci.

            S’il est à énumérer en ordre chronologique les types de logements qui se sont succédés, en voilà quelques-uns:

-chaumière de pêcheur à toit en forme de selle;

-maison-caverne de l’époque Árpád

-chalet assymétrique élevé dans le branchage d’un arbre vivant

-hutte tressée, à intérieur divisé en deux

-chaumière conique etc.

Mais c’est du passé éloigné.

            Dans les zones boisées on utilisait le bois en tant que matériel de construction. Des maisons en bois, on n’en trouve plus mais dans les villages d’autour de Bogdand on garde de beaux monuments de cette construction sous la forme de cages de clocher.

            Sur le terrain-propriété d’une famille- les constructions traditionnelles reflètent en cohabitation les bâtimets à diverses destinations: la maison, le garage, la remise, l’étable, l’écurie, la loge du cochon, la basse-cour, la cour, le petit jardin, le potager. Le tout est entouré par une palissade tressée sur des poteaux enfouis dans la terre. Au fond de la cour il y a les bâtiments agricoles, ceux-ci sont très importants, permettant d’abriter des chars, chariots, machines agricoles, outils ou même d’y effectuer certains travaux après avoir rentré les produits du champ. On voit souvent des constructions élevées sur des poteaux qui servent à dépositer le maïs ou d’autres produits.

            Les conditions géographiques déterminent l’édification des maisons. En région de plaine (dominante dans notre région) où il n’y a pas de pierre, on a en premier lieu construit des maisons à mur en terre battue (mélange de terre, de paille et d’eau) ou en torchis. Cette construction devient de plus en plus rare. On a tenté d’orienter la porte d’entrée vers le Sud, la maison était longue de 10-12m, large de 4m. Le mur était fortifié par un autre, tressé d’osier.

            La partie du fond du terrain était séparée du verger, du potager et de la prairie de fauche par la grange qui s’étendait sur toute la largeur de la cour. Elle était non seulement la bâtisse la plus grande et d’un bel effet, mais par ses fonctions complexes et également par la complexité de sa structure, une fois construite, ses bâtisseurs n’avaient plus de problèmes techniques pour construire la maison. Pour les charpents, les villageois trouvaient le bois nécessaire dans les forêts voisines: du chêne, du hêtre, du peuplier, du frêne.

            La technique de construction de la terre mêlangée à la paille et battue entre des coffres en bois “maison de terre” n’est pas très vieille mais déjà en voie de disparition. Les unités de mesure connues de nos jours rien que par les gens les plus âgés étaient la toise ou la brasse (190cm), demi-basse. La 1/6 de la brasse=quelque 32cm, mesurée par les deux pouces. Il y avait de même la paume, la main, le doigt.

            Les outils qu’on pouvait trouver dans toutes les maisons étaient formés pour être manipulés par une ou deux mains. C’étaient la hache (la cognée) à l’aide de laquelle on façonnait le bois pour en faire des poutres etc, la hachette pour les finissages, le ciseau, la vrille, le rabot, tous en plusieures dimensions selon l’épaisseur du bois ou la finesse de l’opération.

            À cause de la faible qualité des maisons “en terre” leurs dimensions aussi étaient réduites pour augmenter leur résistance, même si on a introduit la poutre-maîtresse qui assurait à la maison une plus grande solidité.

            La maison unicellulaire était la première performance de l’architecture populaire, bâtiment complété d’abord par le porche, plus tard par une pièce qui devait abriter les céréales, les outils ou peut-être la nouvelle famille. Cette maison divisée en trois pièces allait devenir pour plusieurs siècles la forme dominante de la maison paysanne, ce qui se retrouve de nos jours encore où la maison a une fondation en béton. La première chambre dont les fenêtres donnaient sur la rue s’appelait “ la grande maison”, suivie du porche puis de la troisième pièce appelée “maison d’en bas.” La maison devait être fonctionnelle. L’homme pragmatique de la zone n’a construit que ce dont il avait besoin; on a économisé en faisant dormir les jeunes garçons dans l’étable dans le foin. Tout au long de la maison il y avait le portique soutenu par des piliers, endroit où l’on séchait le blé et c’était aussi l’endroit préféré des vieillards d’où ils suivaient ce qui se passait.

            Entre l’habitation et les bâtiments agricoles s’étendait la palissade qui changeait toujours. Son élément primordial est la porte cochère (large de 4 m) qui permettait l’entrée des machines, des outillages, des animaux. Cette porte reliait l’ensemble habité à la rue. C’est par la “petite porte” que les gens circulaient. Il y avait même une porte au fond de la cour pour qu’on puisse communiquer avec les jardins de derrière.

            Devant la palissade auprès de la petite porte il y a dans la rue une banquette.

            Les besoins qui ont dirigé la division traditionnelle de l’intérieur de la maison ont déterminé  la façon de ranger les meubles, c’était en rapport direct avec la destination de la pièce. Dans les pièces c’est la place stable du four qui décide de l’emplacement des meubles.

            Les pièces d’ameublement de la “première maison” étaient rarement déplacées, c’étaient quelques pièces fondamentales de la famille. On y trouvait une table, une commode à trois tiroirs pour les vêtements entre lesquels cachée la caisse familiale. Le siège principal c’était un banc-coffre à l’intérieur duquel on marquait les dates de naissance des membres de la famille. Il y avait un ou deux lits rangés, un berceau , une caisse à tulipes, un miroir au mur, des chaises. Au printemps on blanchissait les murs à la chaux.

            Le manque de la culture du cellier a une explication concrète: le raisin qu’on n’a pas réussi à vendre au marché de Szatmár est rentré dans les caves de l’Eglise et les agriculteurs ne bénéficiaient que du vin qui leur revenait après la quantité de raisin.

            Dans la plupart des villages des maisons comme celles décrites ci-dessus il n’en reste que peu. Dans les dernières décennies on construit à la campagne selon une architecture valable ailleurs aussi.